La sentience des poissons – Capsule DAQ N° 94

La sentience des poissons

Les poissons regroupent approximativement 34 000 espèces[1] chacune présentant leur particularités physiques, physiologiques et comportementales[2]. Les enjeux qui peuvent les affecter dépend particulièrement du contexte qu’ils vivent, que ce soit dans le cadre de l’aquaculture, de la pêcherie commerciale, de l’expérimentation animale ou à titre d’êtres animaux de compagnie.  

En 2017, il a été estimé qu’entre 51 et 167 milliards de poissons ont été tués dans le monde dans le cadre de l’aquaculture[3]. Une étude a évalué qu’entre 1.1 et 2.2 trillions de poissons sont capturés chaque année dans le cadre d’activités de pêcherie commerciale[4]. Enfin, une étude a indiqué qu’environ 1.5 milliards de poissons sont utilisés dans le monde annuellement dans le cadre du commerce d’êtres animaux de compagnie[5].

À ce jour, malgré le grand nombre d’individus utilisés, relativement peu d’études scientifiques s’intéressent à la sentience et au bien-être des poissons[6]. Et pourtant, les études réalisées à ce jour, qu’elles soient au niveau anatomique, comportemental et physiologique, démontrent que les poissons sont sentients.

Sur le plan anatomique, les poissons possèdent des nocicepteurs, des récepteurs qui détectent notamment les stimuli potentiellement dommageables, et qui transmettent des messages au système nerveux, lesquels contribuent à générer la sensation de douleur[7]. Également, les études démontrent que le cerveau des poissons détient de la Substance P[8], un transmetteur sensoriel associé à la transmission de la douleur.  Au niveau physiologique, les poissons sécrètent du cortisol, une hormone qui est produite et qui prépare le corps à réagir aux situations stressantes[9]. Au niveau comportemental, des études ont observé des comportements de bercement et de frottement chez des truites auxquelles de l’acide acétique avait été injecté dans les lèvres. Ces comportements suggèrent une réaction à la douleur. Dans une étude subséquente, de la morphine a été injecté dans les lèvres des truites en plus de l’acide acétique. Les auteurs ont alors observé que les comportements de bercement et de frottement étaient diminués, comparativement aux truites ayant reçu uniquement de l’acide acétique[10].

Pour conclure, les études existantes à ce jour ont démontré que les poissons sont des êtres à capacités cognitives complexes, pouvant vivre des émotions autant positives que négatives, et sont en mesure d’apprendre, de prendre des décisions stratégiques et de former des relations sociales complexes[11].  


[1] Aquarium Sciences and Conservation, 1(2), pp. 105–111. FishBase, 2021. https://www.fishbase.se/search.php

[2] Knight, A., Phillips, C., & Sparks, P. (2022). Routledge Handbook of Animal Welfare. In Routledge eBookshttps://doi.org/10.4324/9781003182351

[3] Id, p. 115 citant Mood A and Brooke P, n.d. Fishcount.org.uk. Available at: www.fishcount.org.uk

[4] Mood, A., & Brooke, P. (2024). Estimating global numbers of fishes caught from the wild annually from 2000 to 2019. Animal Welfare33, e6. doi:10.1017/awf.2024.7  https://www.cambridge.org/core/journals/animal-welfare/article/estimating-global-numbers-of-fishes-caught-from-the-wild-annually-from-2000-to-2019/83F1B933E8691F3A552636620E8C7A01

[5] Stevens CH, Croft DP, Paull GC and Tyler CR, 2017. Stress and welfare in ornamental fishes: what can be learned from aquaculture? Journal of Fish Biology, 91(2), pp. 409–428.

[6] Lambert, H., Cornish, A., Elwin, A., & D’Cruze, N. (2022). A Kettle of Fish: A Review of the Scientific Literature for Evidence of Fish Sentience. Animals : an open access journal from MDPI12(9), 1182. https://doi.org/10.3390/ani12091182

[7] Sneddon, L. U. (2019). Evolution of nociception and pain: Evidence from fish models. Philosophical Transactions of the Royal Society B: Biological Sciences, 374(1785), Article 20190290. https://doi.org/10.1098/rstb.2019.0290

[8] Fujimoto, M., Wang, X., Takeshita, K., Takabatake, I., Fujisawa, Y., Teranishi, H., Ohtani, M., & Muneoka, Y. (1998). Isolation and identification of a novel fish substance P and its effect on retinal cell responses. ZOOLOGICAL SCIENCE15(5), 667–671. https://doi.org/10.2108/zsj.15.667

[9]  Lemos, L. S., Angarica, L. M., Hauser-Davis, R. A., & Quinete, N. (2023). Cortisol as a Stress Indicator in Fish: Sampling Methods, Analytical Techniques, and Organic Pollutant Exposure Assessments. International journal of environmental research and public health20(13), 6237. https://doi.org/10.3390/ijerph20136237

[10] Elwood R. W. (2021). Potential Pain in Fish and Decapods: Similar Experimental Approaches and Similar Results. Frontiers in veterinary science8, 631151. https://doi.org/10.3389/fvets.2021.631151

[11] Knight, A., Phillips, C., & Sparks, P. (2022). Routledge Handbook of Animal Welfare. In Routledge eBookshttps://doi.org/10.4324/9781003182351, p. 115

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