Entre science et droit : la reconnaissance des êtres animaux
La présente se veut un survol des déclarations provenant de divers groupes d’experts de renom dans une variété de disciplines, qui affirment que les êtres animaux, comme les êtres humains, possèdent des états de conscience et que les systèmes juridiques et les décisions qui en découlent doivent refléter cette réalité au sein de notre société.
Déclaration de Cambridge sur la conscience (2012)
En 2012, un groupe d’experts éminents en neurosciences cognitives a déclaré que les données scientifiques démontrent que de nombreuses espèces animales (mammifères, oiseaux, poissons, invertébrés, etc.) possèdent les fondements cérébraux permettant les états de conscience. Ainsi, les êtres humains ne sont pas les seuls à être conscients et sentients.
Déclaration de Toulon sur la personnalité juridique de l’animal (2019)
En 2019, dans le prolongement de cette déclaration sur la conscience, un groupe de juristes réunis à Toulon a demandé une réforme des systèmes juridiques afin d’intégrer ces données scientifiques, de prendre en compte les intérêts des êtres animaux, de leur reconnaître le statut de personnes et de cesser de les considérer comme des biens.
Déclaration de Montréal sur l’exploitation animale (2022)
En 2022, des chercheurs en sciences politique et philosophie morale se sont réunis à Montréal afin de dénoncer l’immoralité de l’exploitation animale « qui nuit sans nécessité aux [êtres] animaux ». Ils réclament la fin de l’exploitation animale dans une perspective de justice collective.
Déclaration de New York sur la conscience animale (2024)
En 2024, des experts de renoms issus de disciplines variées se sont réunis et ont signé la Déclaration de New York sur la conscience animale. Essentiellement, ils affirment qu’il existe un important soutien scientifique démontrant la conscience des autres espèces animales et qu’il est irresponsable de prendre des décisions en s’aveuglant volontairement face à la possibilité que les êtres animaux soient conscients.
Déclaration européenne des droits de l’animal (DEDA)
En 2025, des chercheurs et juristes français ont élaboré la Déclaration européenne des droits de l’animal, un texte composé de quatorze articles qui définit, selon eux, ce qui constitue la cruauté et les mauvais traitements infligés aux animaux. Cette déclaration prend également position contre certaines pratiques, notamment en ce qui concerne les êtres animaux d’élevage et de recherche scientifique. Le plus important est que cette déclaration affirme que l’être animal devrait se voir reconnaître une personnalité juridique et qu’une entité autonome devrait veiller à sa protection juridique, ainsi qu’assurer sa représentation en justice pour la défense de ses propres intérêts. Pour conclure, les déclarations scientifiques ont contribué à légitimiser, par des preuves scientifiques, le fait que les êtres animaux, qu’il s’agisse de mammifères, d’oiseaux, de poissons ou des invertébrés, sont capables de ressentir et de posséder des états de conscience. D’un autre côté, les déclarations juridiques appellent à l’évolution des systèmes juridiques afin de reconnaître les intérêts des êtres animaux et de les protéger à la lumière de ces découvertes scientifiques
