8 ans de prison pour cruauté extrême envers des êtres animaux

🐇 Résumé de décision – Cruauté animale – L’une des peines les plus sévères de l’histoire canadienne

Dans la décision R. c. Weseen, 2026 ABKB 415 1 , la Cour du Banc du Roi de l’Alberta (équivalent de la Cour supérieure au Québec) a condamné Nicolas Berton Weseen à 8 ans d’emprisonnement pour avoir infligé des souffrances atroces à plusieurs lapins dont il avait la garde.

Cette décision constitue un rappel puissant que les êtres animaux sont des êtres sentients et que les tribunaux canadiens sont de plus en plus enclins à imposer des peines plus sévères en matière de cruauté animale.

Les faits

Entre 2022 et janvier 2023, Nicolas Weseen, 32 ans, a volontairement et intentionnellement blessé, mutilé, torturé et tué plusieurs lapins, notamment Smokey, Loki, Chloé et Henry ainsi que des lapins sans nom. Les preuves ont révélé des actes d’une violence exceptionnelle :

  • – Amputation artisanale d’une patte sans anesthésie;
  • – Castration réalisée avec un scalpel;
  • – Blessures répétées causées par des coups, des objets contondants et des armes;
  • – Éviscérations et mutilations infligées alors que certains êtres animaux étaient encore vivants;
  • – Absence délibérée de soins vétérinaires malgré des souffrances évidentes.

Le jury l’a reconnu coupable de 10 chefs d’accusation liés à la cruauté envers les êtres animaux.

Ce que dit le tribunal

Le tribunal, sous la plume de l’honorable juge MH Bourque, rappelle que les infractions de cruauté envers les êtres animaux sont des crimes de violence. 2

Le Tribunal rappelle les enseignements dans Chen 3 :

« (…) les peines infligées pour ces infractions ne reflètent souvent pas la gravité des actes. Les animaux ne sont plus considérés comme des biens meubles, et les modifications législatives de 2008, qui ont considérablement alourdi les peines pour ces infractions, « témoignent de la reconnaissance du fait que l’échelle des peines antérieures pour de tels actes était tout à fait inadéquate » 4

(…) «° (…) les animaux sont des êtres sensibles capables d’éprouver de la douleur et de la souffrance (…) »5 [traduction]

Le juge a qualifié les gestes d’odieux, répugnants, choquants et d’inconcevables.

Les facteurs aggravants retenus

Le tribunal a notamment retenu :

  • – le nombre élevé de victimes;
  • – la brutalité des actes;
  • – les souffrances prolongées infligées aux animaux;
  • – l’absence de soins vétérinaires;
  • – l’abus de confiance envers des animaux entièrement dépendants de leur gardien;
  • – le fait que plusieurs gestes ont été commis délibérément et à répétition sur plusieurs mois.

La peine

Le Tribunal a imposé :

⚖️ 8 ans d’emprisonnement

Après avoir évalué chaque groupe de victimes séparément, le juge a conclu qu’une peine globale de 8 ans était nécessaire afin de dénoncer les actes commis et de dissuader d’autres personnes de commettre des crimes semblables.

« Ces peines sont concurrentes au sein de chaque groupe de victimes. Cependant, je considère les blocs de peines relatifs à Smokey, Loki, Chloé, Henry et aux lapins non identifiés comme consécutifs. Je procède ainsi car ils correspondent à des victimes et des épisodes d’infraction distincts sur une période donnée. Une peine entièrement concurrente minimiserait considérablement la multiplicité des victimes et la gravité cumulative des actes de M. Weseen. (…) »6

🚫 Interdiction à vie de posséder des animaux

En vertu de l’article 447.1 du Code criminel, Nicolas Weseen ne pourra plus jamais :

  • – Posséder un être animal ou un oiseau;
  • – En avoir la garde ou le contrôle;
  • – Vivre dans un lieu où se trouvent des êtres animaux.

Pourquoi cette décision est importante

Cette affaire s’inscrit dans une tendance jurisprudentielle au Canada, notamment :

🔹 Les tribunaux reconnaissent de plus en plus la gravité intrinsèque de la souffrance des êtres animaux en matière criminelle;

🔹 La dénonciation et la dissuasion deviennent les objectifs dominants lors de la détermination de la peine;

🔹 Les êtres animaux ne sont plus perçus uniquement comme des biens, mais comme des êtres sentients méritant une protection juridique réelle;

🔹 Les peines d’emprisonnement de plusieurs années deviennent une possibilité concrète en matière de cruauté animale.

Revue de presse 

 


  1. R. c. Weseen, 2026 ABKB 415 (CanLII), ↩︎
  2. Ibid, Par. 5 (traduction libre) ↩︎
  3. Cour d’appel de l’Alberta dans l’arrêt R. c. Chen, 2021 ABCA 382 ↩︎
  4. R c. Weseen, 2026 ABKB 415 (CanLII), Par. 5 (traduction libre) ↩︎
  5. Ibid, Par. 6 (traduction libre) ↩︎
  6. Ibid Par. 62 (traduction libre) ↩︎

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